Dernier ajout : 26 juin.
copyright : Veronique Lesperat Hequet
La tortue géante des Galapagos est une histoire pour enfants écrite sous la forme d’une pièce de théâtre. Ce texte aborde la question des apparences et le désir dès le plus jeune âge de vouloir être adulte, vouloir être « grand jusque dans le ciel » (Philéas , 3 ans).
Pour comprendre cette notion, il importe de se placer là où on regarde.
Je me suis longuement interrogé sur cette phrase et ce qu’elle voulait dire avant d’en arriver à un constat évident : Les enfants nous regardent et nous voient constamment sous un angle dit de contre-plongée et lorsqu’ils lèvent la tête ils découvrent le plafond ou le ciel au dessus de nos têtes d’adultes. Dès lors il est évident de comprendre que cette formule enfantine et poétique est pleine de sens, et que la question posée n’est pas anodine.
Avec La tortue géante des Galapagos, Coccinelle est la figure de l’enfant et son costume de tortue géante est la métaphore de son désir d’appartenir pleinement au monde qui l’entoure et d’y être reconnu ; le monde adulte.
Moustique quand à lui est la figure de l’adulte qui accompagne Coccinelle sur les sentiers de la vie, il est en quelque sorte le sage qui use de patience et de subtilité afin de soutenir, de près ou d’un peu plus loin, cette petite mini :
« Et comment feras-tu toi qui es si mini, pour porter un costume de tortue géante ?
Tu m’aideras Moustique !
Mais je suis encore plus mini que toi !
Alors une grosse bête moins bête que toi m’aidera ! »
Commence alors une course contre la montre pour Coccinelle qui a décidé que coûte que coûte elle aurait son costume pour Carnaval. Elle s’engage alors dans le monde des animaux de la ferme qui sont ici les figures des adultes affairés et qui n’ont même pas le temps de la regarder elle qui est si mini, si sans importance.
Au travers de ce projet il m’importe d’interroger les apparences et notre regard d’adulte, de parents vis à vis de nos propres enfants. Il me semble essentiel de prendre le temps de s’arrêter sur ce qui fait sens, à savoir ce que nous sommes et non ce que nous voudrions faire croire que nous sommes.
Autrement dit prendre le temps de rassurer nos enfants sur cette question du temps, et les laisser grandir tranquillement et pleinement. Ne pas faire de leur enfance un temps de Carnaval, un temps de mannequins, de grotesque, de mascarade.
Pour cela nous nous arrêterons sur la marionnette, le jeu d’acteur et la chanson afin de faire de ce temps de représentation un moment de poésie et de plaisir partagé. Nous tacherons de rester dans un temps d’échange entre la scène et la salle, entre la mise en scène et le spectateur.